Saturday, 7 March 2009

Mieux que des paroles, des images!

Miracle ! Me revoilà après deux mois d'absence sur les ondes de l'internet due à notre démémnagement de Londres vers la Bretagne.



Comme toujours je regrette l'absence, en France, d'une véritable compréhension de ce qu'est le marché (un lieu où une offre explicite rencontre une demande implicite qui devient explicite), le capitalisme (d'Etat à la communiste ? Familiale à la Française ? Individuelle à l'Anglo-saxone ?) etc.



Toutes les approximations autour de ces concepts entrainent une redoutable mécompréhension de la crise financière actuelle, de ses racines, de son ampleur... Ceci est d'autant plus inquétant que les plans de relance et les nouvelles régulations à venir risquent de n'être qu'une nouvelle arléisenne .



Allez, pour les curieux qui souhaitent pratiquer leur anglais, voilà une vidéo explicite sur les racines et l'ampleur de la crise: http://crisisofcredit.com/



Ensuite, pour le fun, une critique ascerbe des journalistes financiers qui ne sont pas plus sophistiqués que la moyenne: http://www.thedailyshow.com/video/index.jhtml?videoId=220252&title=cnbc-gives-financial-advice

Wednesday, 3 December 2008

Cocoricocococo boy

Déçu par l’état de la presse française dite de qualité en matière économique, je me suis amusé à lire la rubrique économique de Paris Match dimanche dernier, en plein milieu du tunnel sous la Manche où nous étions bloqués pendant à peu près deux heures. Est-ce que le contenu éditorial économique de ce magazine serait faire honneur à son adage, « le poids de s mots, le choc des photos ». Ni déçu, ni surpris en réalité. Toutefois un point commun avec l’ensemble de la presse française, un « vives nous ».

Selon l’éditorialiste, les pays anglo-saxons font un virement à gauche toute à chaque crise financière. Les riches deviendraient plus taxés à un point tel que la France aurait l’allure d’un nouveau paradis fiscal.

Là je ne peux que vous partager mo expérience anglaise, vivant de l’autre côté de cette mare que l’on appelle la Manche. Oui l’impôt sur les plus riches sera augmenté non pas de 50% du revenu perçu par les ménages gagnant plus de 150 000 livres par an mais à 45% sur la part marginale supérieure à ces 150 000 livres au lieu de 40% pour la part marginale supérieure à 34 600 livres. N’exagérons rien ! Quant à dire que le Royaume-Uni enterre une tradition fiscale complaisante, c’est oublier que ce pays n’a jamais vraiment été un paradis fiscal sauf pour les célibataires et les hyper riches du genre footballeur qui gagne plus de €150 000 par jour. Pour le reste, ce n’est ni plus ni moins comme la France. Certes les charges sociales sont moindres en Grande Bretagne en contrepartie d’une contribution sociale privée volontaire. A la fin du mois, il reste la même chose dans la poche pour une famille de cadres de deux enfants, qu’elle soit anglaise ou française. Et les plus pauvres bénéficient aussi de logements gratuits en contrepartie d’un service à rendre pour la société. Nous sommes au pied d’une différence culturelle clé entre nos deux pays : l’un promeut le mérite là où pour l’autre tout est dû.

La seule différence fiscale entre les deux pays réside principalement dans la fiscalité des entreprises. C’est pourquoi, notre taux de chômage français de plein emploi avec une croissance forte soutenue pendant plusieurs trimestres –environ 7.5%- correspond aux taux de chômage britannique ou américain en temps de grave récession.

Enfin, parler d'un retour à gauche à propos de pays qui n'ont cesse de promouvoir l'indépendance économique individuelle, restons raisonnables. Il s'agit juste d'un virement sarkozien. Conformément à la philosophie libérale, l'Etat a un rôle à jouer en matière économiuqe, celui d'assurer la confiance dans le système économique. On est bien loin de l'interventionnisme étatique pavlovien permanent que l'on ne cesse d'assimiler aux sytèmes bureaucratiques de type français, russe ou chinois.

Monday, 17 November 2008

Bon allez, la suite de la lettre

J'implore toutefois votre indulgence car utiliser un clavier anglais sans accent - et oui, j'ai acheté mon PC chez la perfide Albion- recourrant au correcteur, peut induire une certaine étourderie....


Réaction à l’Editorial de Monsieur Paul Burel, Rédacteur en Chef de Ouest-France

Je suis en plein milieu de la crise financière et, encore une fois, je ne peux que constater avec
effroi à quel point les images d’Epinal et les sophismes dominent le débat au plus grand mépris d’un constat instruit, dépolitisé, objectif de la réalité économique, notamment financière. Sincèrement, l’idéologie pro-marché des républicains américains ayant rejeté le plan Pausons au nom du libre-marché trouve son écho dans le « jacobinement romantique » étatisme français.
Accuser la spéculation et la mondialisation, parler d’économie casino et traiter des acteurs de parasites, de capitalisme prédateur etc., est populiste et peu utile. Prédateur en quoi ? Le Monde n’a jamais été aussi riche…. Revenons-en aux faits.

1) La spéculation, ce n’est pas un gros bedonnant qui joue avec sa fortune mais des fonds d’investissement auxquels banques, compagnies d’assurances, caisses de retraite, de congés payes, de sécurité sociale, fonds de pension et toutes formes d’épargnant donnent de l’argent pour rémunérer leur épargne. Et comment la rémunèrent-ils cette épargne ? En prenant des positions à l’achat et éventuellement à la baisse en fonction des anticipations sur la rentabilité d’investissements, elle-même fonction des résultats d’entreprises cotées -qui dépendent de la croissance et de leur performance individuelle, comme des mouvements de marchés - reflet du niveau de confiance en l’avenir. A ce titre, ils emploient des gérants de portefeuilles et des traders qu’ils rémunèrent en fonction de la performance réalisée, respectivement, pour leurs clients et leurs comptes-propres.
S’attaquer uniquement à la spéculation est donc un geste facile. Celle-ci s’enracine toujours sur un constat économique objectif comme l’insuffisance de biens immobiliers sur le marché, les gains en productivité apportés par Internet etc. Le danger est lorsque Monsieur et Madame Tout-le-Monde comme les professionnels les moins sophistiqués suivent par panurgisme juste pour ne pas manquer le coche au cas où. Ensuite, la spéculation plus sophistiquée, plus professionnelle qui ne se retrouve pas nécessairement dans tous les hedge funds ou salles de marchés des banques, se démarque de ce groupe en prenant des positions adverses, contraires au reste en attendant que le marché se retourne car il n’est plus soutenable. Celle-ci s’attaque aux déséquilibres fondamentaux insoutenables laissés en l’état car mécompris de ceux qui pourraient les corriger plus en douceur.

2) LA crise actuelle provient d’un crédit sur-stimimulé par un argent peu cher qui a permis de maintenir une croissance économique fondée sur la seule demande. De quoi bien arranger plusieurs politiciens. En contrepartie de quoi, les banquiers étaient payés des fortunes

3) La crise actuelle ne relève pas du laisser-faire mais initialement d’une réglementation aveugle réactive et non proactive, qui a permis les excès dont nous faisons les frais aujourd’hui. Un politique n’est clairement pas plus éclaire qu’un patron ; l’Etat, qu’un marché ou un conseil d’administration. Sinon, le Crédit Lyonnais aurait été la meilleure banque du Monde.

Tout d’abord, le secteur financier –banques, compagnies d’assurance, caisses de retraites, épargnants que nous sommes tous- est l’un des secteurs les plus régulés au Monde, la palme revenant aux USA. Et ça n’a pas empêché la crise actuelle. Pourquoi ? En raison d’une inadéquation entre règles et réalité. Pour la première fois dans l’histoire moderne, la politique économique a permis un contrôle de l’inflation, permettant des taux faibles, donc de l’argent très peu cher. Toutefois ces taux d’intérêt déterminent la rémunération des capitaux propres et des actifs financiers de ces institutions financières, de leurs clients. Ces dernières, caisses de retraite et fonds de pension en premier, les détiennent afin de faire face à leurs obligations de passif, c’est-à-dire, par exemple payer les retraites. A ce titre, cet environnement de faibles rendements financiers se met en place au moment où le nombre de retraités, les boomers, commence à s’accroitre fortement. Que faire ? Une technique financière dite effet de levier, permet de s’endetter pour investir plus et donc, par effet de ricochet, gagner plus et ainsi faire face à son passif... L’argent est si peu cher, pourquoi s’en priver. Ca gagne d’abord les actions et les obligations. Parallèlement, un actif dit immobilier connait une croissance des prix soutenue, la demande étant stimulée par ce même argent peu cher conjugué à une croissance économique réelle dans le Monde entier et à une insuffisance du stock immobilier dans le Monde. Et comme tout le monde a besoin d’une maison et que c’est un actif solide, les banques étendent le crédit à une plus grande couche de la population en utilisant la maison comme garantie en cas de défaut.

Ainsi, une double formidable innovation financière se popularise : la titrisation et les dérivés de crédit. La titrisation consiste à revendre sur les marchés financiers des ensembles de prêts immobiliers garantis par des collatéraux physiques –les immeubles- structurés de manière à satisfaire les impératifs tant financiers que légaux auxquels les institutions financières sont soumises : rendement plus élevé pour un risque de crédit aussi faible qu’un emprunt d’Etat grâce, d’une part, à un sous-jacent immobilier et, d’autre part, au recours aux dérivés de crédit, formidables outils financiers qui permettent en théorie de neutraliser tout ou partie des risques de marchés. Tous ces éléments ont crée un sentiment d’euphorie, de risque quasi-nul. Grâce à cette titrisation qui permet aux banques de sortir leurs risques économiques de leurs bilans, ces derniers ne leur appartenant plus, en ont profité pour accroitre l’octroi de crédit qui a stimulé la demande immobilière, donc le prix des actifs immobiliers, rassurant dès lors les investisseurs sur le bien-fondé de la technique financière décrite. Et les banques avaient tout particulièrement intérêt à y recourir pour deux raisons : la première, être soulagées de règles prudentielles contraignantes devenues inadaptée eu égard à la mutation de leur métier; la deuxième, accroitre leurs parts de marchés, donc maintenir voire améliorer leurs rentabilités. Prêter est leur métier en se rémunérant par la différence entre le taux auquel elles prêtent et celui auquel elles rémunèrent les livrets. En environnement de taux bas impliquant des marges sur taux très réduites, seule une augmentation du volume du crédit facilitée par une neutralisation a priori des risques permet de maintenir et améliorer leurs niveaux de revenus. Ceci plait aux actionnaires, c’est-a dire tous ceux qui épargnent activement.

Bref sur ce constat intellectuellement satisfaisant, tout le monde en profite : tant les investisseurs que les consommateurs qui préfèrent être propriétaires de leur logement plutôt que locataires. Pourquoi se priver, l’argent est si peu cher. Tout cela a donné à plusieurs la possibilité d’accéder au crédit, et donc à la propriété, valeur fondamentale de la démocratie libérale. Ensuite la bulle s’est mise en place comme à chaque fois que les raisonnements se cristallisent sur un seul objectif. Les gens ont investi dans tout ce qui était lié à l’immobilier simplement parce que ça montait et que la pierre est réputée sûre. Et quand tout semble marcher, on ferme les yeux sur les éléments plus dérangeants, qu’on soit banquier ou régulateur affilié à l’appareil politique. Que de conflits d’intérêts mal appréhendés …. Jusqu’au jour le public réalise que le prix d’une maison ne croit pas de manière illimitée et peut baisser. Les premiers défauts arrivent et tout se casse la figure. Et là, le chien se mord la queue.
En effet, eu égard aux ratios prudentiels et aux réglementations strictes imposées aux institutions financières, tous les actifs financiers doivent être revalorisés au jour le jour dans le bilan de leurs détenteurs. Ca s’appelle le mark to market. Quel que soit l’horizon d’investissement, la volatilité des marchés se reflète dans l’actif de ces derniers dont les contraintes de passif demeurent fixes. A des fins de protection de l’épargnant, les Régulateurs exigent que les actifs plus volatiles car dépréciés soient vendus. Cette vente forcée accroit la volatilité des marchés amenant les institutions financières à vendre d’avantage. On est dans un cercle vicieux qui aurait pu être évité et permettre d’économiser des milliards si les gouvernements et les régulateurs avaient pris le soin de changer ces règles comptables décidées arbitrairement sans pleinement évaluer les mutations économiques du secteur financier en particulier et du Monde, en général. De leur côté, les banques qui fonctionnent en vase clos, se savent toutes exposées de multiples façons -toutefois difficiles à quantifier- à des actifs dépréciés dont on ne peut plus anticiper la valeur. A ces fins, elles cessent, pour des raisons d’équilibre de leur bilan, de prêter à qui que ce soit.

Dans ce processus, le seul rôle de la spéculation n’a été de rendre les transactions liquides à l’achat comme à la vente et de stimuler la demande jusqu’au point de non retour. Rien à voir avec cette spéculation qui tient bon. Tout le monde a fermé les yeux tant que ça marchait. Ainsi, opposer finance et économie dite réelle est un non-sens car c’est opposer moyens de production et moyens financiers alors que les derniers permettent la réalisation des premiers. Et maudire la spéculation, c’est maudire tous ceux qui vendent et achètent des actions et autres actifs financiers... C’est l’élément fondamental qui rend les marchés liquides donc plus efficients en termes de capacité de transaction.

Oui le rôle de l’Etat est à saluer dans des moments pareils car il assume sa fonction régalienne : contribuer à préserver un cadre favorisant une meilleure coordination des droits fondamentaux et libertés de chacun dont celles économiques (avec toutefois la prudence de comprendre que le bonheur est dans l’être et non dans l’avoir, n’en déplaisent aux économistes plus marxistes, pseudo-keynésiens qui, analysant comment toujours mieux consommer, se prennent pour les prophètes du bonheur). Tout système humain ne fonctionnera jamais bien car il comporte intrinsèquement une dimension subjective, non contrôlable, l’émotion et tout ce qu’elle entraine d’aspirations.

Non ce retour de l’Etat n’est pas une revanche sur la Mondialisation car les richesses sont désormais asiatiques, brésiliennes, moyenne-orientales et russes. L’argent est mobile, il n’a que faire des frontières. Tout comme les chaines de production qui iront là où on pourra produire des biens aux prix exigés par les consommateurs finals, le vrai patron dans tout cela. Et quand l’Etat sort de sa fonction régalienne de protection du système économique pour le gérer au jour le jour au nom de principes politiques, il alimente cette spéculation plus professionnelle, plus sophistiquée. Oui ce sont des charognes cyniques qui attaquent quand elles savent que la proie est sur le point de tomber. C’est une étincelle, comme un organe d’autorégulation de dernière minute que les banquiers centraux devraient suivre pour remettre la proie potentielle en forme et ainsi déjouer ces acteurs qui ont le mérite de dépister les points d’excès plus rapidement que nos régulateurs…

Marre de l'ignorance économique

Voici une lettre que j'ai voulu envoyer à Monsieur Franz-Olivier Giesbert, Directeur du Point ainsi qu'à toute une cohorte de journalisest français. L'économie mondiale et sa crise financière made in "je-m'endette-mais-c'est-pas-de-ma-faute" et"je-prends-des-risques-mais-c'est-plus-moi" n'ont fait qu'alimenter un débat irrationel. Poruquoi ne pas les avoir envoyées? Pour éconmiser des timbres et un peu de papier, j'imagine. Je suis en parti normand.... Ca ne pardonne pas.

Ok, les choses se sont calmées et on reprend ses esprits. Alors pourquoi les publier dans un blog ? Bonen question.... Probablement pour ne pas avoir rendu l'effort vain !



A la revoyure,



Ar Malvinez





Cher Monsieur,


C’est avec amusement, cynisme et consternation que j’ai lu votre dossier sur la crise et Sarkozy. On est au summum de l’émotion journalistique, du sensationnel qui ressasse les images d’Epinal vendeuses et flattent l’inconscient jacobin du lecteur centriste français. Comme disait Keynes, « la difficulté n’est pas tant de développer de nouvelles idées mais d’échapper aux anciennes ». Vous sembler vous y butter.


Vos articles mettent en avant des informations très intéressantes et pertinentes mais, confondant causes et conséquences avec tout son cortège d’images faciles et autres sophismes, voilà le travail inachevé. En prenant les dernières pour les premières, vous massacrez votre travail de journaliste, celui d’une analyse objective, mettant à mal toute l’éthique que cet effort requière. Ici la bête financière est jugée et condamnée d’avance avant même d’avoir été analysée de manière exhaustive, objective et précise dans tout son contexte historique. S’en prendre aux bonus, aux modes de prise de décisions des banques, aux réformateurs néolibéraux, boucs-émissaires faciles dans une France toujours jacobine, c’est se tromper d’ennemi. Ceux-là sont juste une somme de conséquences. C’est pourquoi, travaillant dans le secteur et affligé par la presse je me permets de vous joindre cette réaction à l’éditorial d’un de vos confrères, Paul Burel, dans Ouest-France.


Toutefois, permettez-moi d’anticiper. Les banques et le secteur financier représentent une des catégories d’acteurs économiques les plus régulées. Eh oui, ne vous en déplaise : citez-moi un secteur qui comporte autant d’organes étatiques de régulation que les banques et les sociétés de gestion. Même les hedge funds sont régulés et de loin, ce sont les moins mauvais. Le véritable problème est l’inadaptation des règlements émis il y a quelques années pour prévenir des crises comme celle au Japon en 1990, mais sans s’assurer de leur cohérence avec l’état de l’économie. Si régulation il doit continuer d’y avoir au niveau de l’Etat, il faut que celle-ci soit proactive afin de supporter la confiance, émotion clé de tout le système.


L’objectif d’un capitalisme libéral est la création de valeurs. Pour se faire, il a besoin de deux ingrédients pour marcher : la responsabilité devant la prise de risque pour discerner au mieux comment entreprendre, et la confiance. La première a été rompue il y a quelques années déjà grâce à une innovation financière selon laquelle on pouvait externaliser un risque, l’enlever de son bilan pour le vendre aux investisseurs -souvent institutionnels- via un produit financier a priori rentable et sans risque à en croire les agences de notation. A partir de là, avec la fin d’une conscience de la prise de risques où le métier de banquier est passé de prêteur traditionnel à arrangeur de solutions financières (poussé par les politiques monétaires qui ne permettaient plus leur mode de rémunération traditionnelle, la marge d’intermédiation sur taux d’intérêts), on file vers le grand n’importe quoi que le capitalisme libéral ne tolère pas à long terme au prix d’une confiance rompue. Celle-ci n’est guidée que par l’émotion, que par un ancrage des anticipations des agents sur la qualité des risques pris.


Tous, régulateurs, banquiers centraux, gouvernements –qui n’ont jamais travaillé dans une banque ou dans l’économie privée qu’ils regardent de haut, invalidant dès lors les idées de Proudhon selon lesquelles banques et finance sont des sujets trop sérieux pour les laisser aux banquiers et aux financiers- ont fermé les yeux car cela permettait de maintenir une forme illusoire de croissance économique au moyen du grand principe keynésien d’une stimulation de la demande par le crédit facile et ce, au plus grand mépris de l’investissement productif, principe des économistes libéraux classiques, seule source de richesses à long terme. Seule une hausse nette des taux aurait pu limiter cela, quitte à braquer un peu la machine comme en 1994 lorsque Greenspan avait relevé les taux de manière brutale. Ni le Conseil d’Analyse Economique, ni les économistes qui inondent les ondes accusant l’économie de marché n’ont tiré de sonnette d’alarme. Pourquoi ? Ils ne comprenaient pas ce qu’il passait, préférant se réfugier dans leurs jugements de valeurs et autres modèles mathématiques qui ne peuvent rendre compte de la réalité.


L’économie est théâtrale parce qu’elle est le théâtre d’intérêts subjectifs qui se confrontent sur un marché –et non, le marché n’est pas une institution mais une agrégation de volontés individuelles, déraisonnables ou pas, éclairées ou non, pas nécessairement rationnelles car aussi émotives- pour que chacun puisse satisfaire au mieux un besoin selon son entendement, ses désirs et ses anticipations sur le Monde. La bulle du crédit a arrangé tout le monde, d’où sa longévité. L’économie ne se fait durablement pas à l’aune de quelques personnes. Ainsi, ce système est aussi un bon indicateur de l’état moral d’une société. Quand on vit dans une société onirique, célébrant le « je veux donc j’ai droit »; quand on clame la fraternité tout en s’en prenant à l’émergence économique des pays pauvres pour le maintien de son niveau de vie ; quand, tel un enfant dans une cours d’école, on préfère les boucs-émissaires à l’introspection ; quand on nie la notion de supériorité du devoir par rapport au droit, quelle place pour la responsabilité ? D’où ces errements. Et ce n’est pas le triste privilège de banquiers qui ont cru pouvoir substantiellement gagner de l’argent sans prise de risques.


Accuser plus particulièrement les hedge funds pour les événements de septembre et d’octobre est tout autant erroné. Ces acteurs sont principalement sortis des marchés durant l’été en prévision des rédemptions d’investisseurs. Les récents pics de volatilité et de baisse des marchés ne proviennent pas tant d’eux que de la panique d’intervenants financiers moins sophistiqués, confirmant l’utilité de ces fonds spéculatifs pour assurer un fonctionnement plus liquide, moins volatile des marchés.


Je suis libéral car j’ai foi en l’Homme. Non, l’Etat n’est pas la panacée. Sur quelles bases peut-il prétendre savoir mieux que quiconque ce qui est bon pour chacun d’entre nous. Non il n’est pas meilleur gestionnaire. Les événements récents confirment la posture réactive et non proactive de l’Etat avec tout le jeu des intérêts politiques plus court-termistes comme le démontre l’attitude partisane des hommes politiques. Pour que l’économie libre marche, il faut permettre à l’Homme d’être Homme, d’une manière socratique pour rester dans le vocable admissible républicain. Au final seuls Imbert et BHL ont, selon mon expérience du secteur financier, dit des choses intéressantes malgré des raccourcis faciles. J’arrête d’être bavard mais l’économie est mon terrain de jeu professionnel qui me passionne et où mon goût pour la Vérité ne tolère pas les approximations des diatribes populistes, des sophismes manipulateurs et démagogiques. C’est trop important : il en va de notre gagne-pain.


Avec mes remerciements anticipés et,


Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Cher Monsieur, l’expression de ma

considération distinguée,



La suite viendra....